« Le typographe (ou créateur de caractères) est un technicien spécialisé dans le domaine de l’impression. Il a pour rôle de choisir, ou bien de concevoir et de dessiner de nouvelles polices de caractères. »

Dans le cadre de mon activité, d’expertise, d’architecte, ou même d’auditeur j’ai l’occasion de sillonner les massifs du Jura. Ces parcours, véritable bonheur de traverser des paysages de Forêt, sont devenu un crève-cœur.

Dans le « Jura », l’importance de la forêt renvoie déjà à son nom. Les Celtes appelaient notre massif « Jor », les Romains « Juris » ce qui signifiait « forêt » ou « pays de forêts ».

Déjà en 2018, la pyrale du buis, arrivée d’Asie dans les valises de marchands peu scrupuleux, à réalisé un ravage avec une destruction quasi-totale des buis. Ceux-ci maintenant cette teinte verte, accompagnât les résineux  durant l’hiver.

En 2018, le Scolyte a commencé doucement son activité dans les pessières, puis  une accélération est survenue en 2023.

Encore une conséquence du réchauffement climatique et des sécheresses. J’ai pu constater, non seulement des paysages dévastés, mais des empilements de troncs d’arbres le long des routes. Les camions chargés de billots deviennent des compagnons de voyages.

Au cours du XXe siècle, entre les années 1950 et 1980, le fond forestier national a engendré le boisement de résineux, notamment d’épicéas, jusqu’en plaine, dans une logique économique. Avec pour résultat que ces derniers se retrouvent en situation de vulnérabilité.

Alors, pour tenter de faire face à ces épidémies, des solutions préventives sont mises en place. L’augmentation de la diversité en termes d’essence, le travail de la structure forestière, qui consiste à implanter spécifiquement de jeunes arbres. Le typographe ne s’attaque qu’aux espèces de 20 à 25 cm de diamètre. Des mesures curatives sont également mises en place, des pans de forêt deviennent des déserts peuplés de souches…

Il y a des alliés naturels comme certains oiseaux qui se nourrissent de ces scolytes. Le souci est que quand un arbre est infecté, il abrite plusieurs milliers d’insectes. Et un arbre n’est jamais parasité seul, ce sont toujours des groupes d’arbres. Une météo favorable, avec des précipitations et des températures fraiches au printemps et en été ralentirait leur production.

Cette forêt  a permis, de nombreux savoir-faire, le jouet en bois, la boissellerie, les tavaillons, la résonnance pour les violons (forêt du Risoux) et autres instruments de musiques. Les randonnées et le ski de fond bénéficient du cadre magique de son manteau.

L’action, « Un jeune, un arbre » lancée en par le chef de l’État en novembre 2023, n’a pas eu l’effet escompté 50% de perte. A quand un chantier « Cathédrale de Paris », ?…

Et nous sommes spectateur d’un désastre qui semble inéluctable…